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Jean-Marc Zulesi

Jean-Marc Zulesi

Président de la Commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône

Spécialiste des mobilités et de l’innovation, Jean-Marc Zulesi a suivi ces dossiers durant son précédent mandat de député. Désormais président de la Commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, il est déterminé à travailler de façon transversale, à la fois avec les autres commissions de l’Assemblée nationale et avec le Sénat.

Vous avez été élu en juin 2022 à la présidence de la Commission Développement durable et aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, au sein de laquelle vous siégez depuis plusieurs années. Comment abordez-vous cette responsabilité ?

Le rôle de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire est d’étudier en avance de phase les sujets environnementaux et d’aménagement du territoire, l’écologie, l’énergie, les transports... La Commission exerce également une mission de contrôle des politiques publiques.

Dans la période actuelle, je considère comme un immense honneur le fait d’avoir été élu à la tête de cette commission. Je suis résolu à travailler main dans la main avec les forces majoritaires et d’opposition, de façon à faire vivre les débats et permettre à la diversité des idées de s’exprimer, dans l’objectif d’accompagner l’ensemble de la société dans la réalisation des objectifs liés à la Stratégie nationale bas carbone.


Le développement durable concerne en fait l’ensemble des secteurs et des activités. Comment traduire cette nouvelle réalité ?

En effet, tous les secteurs sont concernés et j’aurai à cœur d’associer tous les acteurs de notre société à nos travaux : les associations, le monde économique et nos concitoyens.

J’aborde mon rôle de président de Commission dans un fonctionnement transversal, avec les autres Commissions de l’Assemblée nationale et les différents bureaux. C’est en travaillant de cette manière que nous parviendrons à faire émerger les consensus, ce qui est indispensable pour gagner les arbitrages au niveau de l’exécutif et rester en capacité de convaincre. Je souhaite également travailler en bonne intelligence avec la Commission Développement durable du Sénat, car les réflexions ne peuvent pas se limiter aux discussions organisées dans le cadre de l’Assemblée nationale.


Est-ce aussi une manière de mieux associer les territoires ?

J’estime que le Sénat n’a pas le monopole des territoires. Les députés sont également en lien avec leur circonscription. Pour ma part, j’ai toujours été frappé par l’importance de l’aménagement durable du territoire dans le déploiement des différentes politiques publiques. Et je mettrai un point d’honneur à ce que les sujets aménagement soient calqués sur le développement durable.


Mais les Français semblent avant tout préoccupés par leur pouvoir d’achat…

En effet, il y a aussi un sujet lié au coût de la vie, avec la hausse des prix des carburants et de l’énergie. Il faut absolument faire passer le message suivant : faisons de cette contrainte une opportunité et sortons de notre dépendance aux énergies fossiles.


Pourtant, le leasing social ne fait pas partie du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Pourquoi ?

Pour faciliter l’acquisition de véhicules électriques par les ménages les moins fortunés, le leasing social à moins de 100 € par mois, dont les contours ont été précisés par la Première ministre, Elisabeth Borne, dans son discours de politique de politique générale, fait aussi partie des priorités. C’est un sujet essentiel car cela implique un changement dans nos mœurs : le but ne doit plus être pour nos concitoyens de posséder un véhicule à tout prix mais de pouvoir utiliser un véhicule propre pour un moindre coût.

Il ne sera pas inclus dans la Loi sur le pouvoir d’achat car nous n’avons pas besoin d’un véhicule législatif pour le déployer.

L’accélération de la filière du rétrofit peut également fournir une réponse, parmi un ensemble de solutions qui passent par le leasing social, le bonus aux véhicules décarbonés, ou encore des primes à l’achat.


Et le Forfait mobilité durable. Est-il assez efficace pour jouer pleinement son rôle ?

Le sujet du FMD, que j’ai porté dans le cadre de la LOM et de la Loi Climat Résilience, me tient particulièrement à cœur. Nous devons aller vers un FMD plus attractif et plus simple à mettre en place, avec l’intégration du covoiturage, du vélo, du ferroviaire et des transports publics. Pour que les entreprises et les salariés s’en emparent, il doit gagner en lisibilité et en transparence.

Nous devons aussi soutenir le niveau des investissements dans les infrastructures, et pas seulement sur le rail mais aussi sur les routes, qui doivent être modernisées pour accompagner la transition énergétique. Comme l’a souligné le COI, nous sommes face à un mur d’investissement. Et nous devons trouver les moyens de les financer pour être à la hauteur des engagements pris dans le cadre de la LOM.


Justement, la LOM est-elle allée assez loin dans les moyens alloués aux territoires pour développer l’offre de mobilité ?

Je suis favorable à l’engagement d’une véritable évaluation de la LOM, à la fois pour vérifier son application, mais aussi pour rectifier ce qui doit l’être, toute en tenant compte des avancées permises par la Loi Climat et résilience. Je souhaite solliciter pleinement le Parlement sur son rôle de contrôle et d’évaluation.


Ce cadre législatif sera-t-il suffisant pour accompagner les ménages les plus dépendants de l’automobile confrontés à la mise en place des ZFE ? Faut-il revoir leur calendrier de déploiement ?

Pour que la mise en place des ZFE soit réussie, il faut respecter le calendrier prévu par la loi. Les choses risquent d’être plus difficiles dans les cas où les élus locaux ont souhaité durcir le dispositif, comme à Paris. Il n’est pas question de revenir sur le déploiement des ZFE, qui visent à améliorer la qualité de l’air, alors que la France a été condamnée pour des dépassements réitérés des seuils de particules et de Nox notamment. C’est une question de santé publique. Et si le calendrier pose problème, il faut travailler sur l’acceptabilité sociale, aller plus loin dans l’accompagnement des habitants concernés.


Quelle est la place des transports publics dans ce dispositif ? Comment aider les collectivités et les opérateurs à développer l’offre alors que la crise sanitaire et ses conséquences pèsent sur les budgets disponibles ?

Il faut aussi s’appuyer sur les nombreux moyens offerts par le transport public, véritable fierté de notre nation, pour aider les Français à sortir du tout voiture. C’est la raison pour laquelle je porte un message très clair à destination des AOM, concernant la sanctuarisation du versement mobilités. Il n’est pas question de priver les autorités organisatrices qui ont besoin de ressources pour continuer à améliorer l’offre. Mais nous allons parallèlement demander aux collectivités des engagements sur l’efficacité des transports publics, qui doivent répondre aux besoins des territoires. Nous voulons par exemple nous assurer que les entreprises qui acquittent le VM bénéficient effectivement des transports dont elles ont besoin.

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