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Jean ROTTNER

Jean ROTTNER

Président de la Région Grand Est

La Région Grand Est refuse la mise en jachère des réseaux de transport et les discours fatalistes !

Garantir une mobilité à chacun, peu onéreuse et écologique, c’est se projeter vers l’avenir.


Comment imaginer une économie régionale robuste et inventive, ou des dynamiques sociales et territoriales puissantes, sans des modes de transports développés, renouvelés et combinés ?


Accroître les mobilités décarbonées, performantes, accessibles et compétitives, telle est la feuille de route du Grand Est pour concevoir le virage écologique et énergétique aujourd’hui indispensable – à l’aune d’un basculement irréversible de notre équilibre climatique.


Oui, nous devons redéfinir notre manière de nous déplacer. La structuration des mobilités doit être davantage assumée et confiée aux Régions. Elles ont en elles ce rôle d’incubateur, de pilote de la transformation et des transitions. Elles ont la souplesse pour agir en urgence quand la pesanteur étatique, ou celle de l’opérateur historique des transports, freinent voire repoussent les investissements utiles aux territoires. Mais, sans ressources nouvelles, pour être au rendez-vous de la hausse sans précédent des investissements qui nous attend, il faut repenser globalement le financement des infrastructures de mobilité en France.


Comment ? En s’appuyant sur des recettes pérennes dédiées. C’est par exemple dans ce cadre que la Région sera candidate à la reprise d’une partie du réseau routier national en lien avec les départements, avec les recettes afférentes issues d’une taxe qui permettront d’investir de manière massive dans la transition énergétique.


En France, l’État parle beaucoup du train mais n’y met plus les moyens.Incapable de décider démocratiquement, comme l’ont fait nos voisins suisses, un financement pérenne pour investir vraiment dans le réseau ferroviaire, il n’a d’autre politique que de se défausser et de transférer sans ressources aux Régions des lignes (les lignes de dessertes fines du territoires, LDFT) qu’il juge non prioritaires alors même qu’elles sont la base des mobilités dans nos territoires. L’Allemagne a décidé un plan d’investissement de 86 milliards d’euros d’ici à 2029, l’Italie 179 milliards jusqu’en 2031. Et nous ?


- Notre pays est en Europe celui qui par kilomètre de voie investit le moins en maintenance et en renouvellement ;

- Et nous sommes le pays où ce financement des voies repose le plus sur les péages payés par chaque train qui roule et le moins par des financements directs de l’État.


Nous subissons un schéma de pensée hérité des années 1980, celui des premiers TGV, de la suppression progressive des intercités et de l’abandon des lignes capillaires fret. Le vote de défiance observé depuis 15-20 ans dans les territoires ruraux trouve en partie sa cause dans ces renoncements.


En conséquence, la Région Grand Est, forte d’un budget mobilités annuel de 1 milliard d’euros, agit tous azimuts pour changer le comportement des usagers en leur apportant des solutions inédites et massives de mobilités.


En premier lieu, la Région mène une politique de développement de l’offre de transport unifiée entre les territoires. Elle vise à renforcer la complémentarité entre les modes de transport par la création de Pôles d’Échanges Multimodaux, de Réseaux Express Métropolitains Européens comme celui de l’aire strasbourgeoise et bas-rhinoise, en cours de déploiement, du nord Lorrain vers le Luxembourg, de la région rémoise, ou en instaurant des billets uniques à 4 euros pour le réseau interurbain de cars à partir du 1er septembre d’abord dans le Haut-Rhin puis dans les autres départements du Grand Est.


En second lieu, la Région développe sa stratégie régionale hydrogène Grand Est.

La commande de 3 trains à hydrogène ou l’aide à l’acquisition de véhicules propres sont des actions concrètes en la matière.


Dans un contexte de hausse du coût de l’énergie et du prix des carburants, la Région a adopté diverses mesures d’urgence spécifiques, dont la création d’un chèque énergie de 100 euros, une prime pour l’achat d’un véhicule propre entre 2000 et 4000 euros, une subvention de 200 euros pour l’achat d’un vélo électrique, une aide aux kits Bioéthanol, etc.


Dans cette offre de service à révolutionner, la Région entend s’appuyer sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire – loin d’être l’alpha et l’omega cependant – car elle est une source d’opportunités.


La Région, à travers son plan régional Vélo 2022, va renforcer la part modale d’usage du vélo, de 4 à 12% à horizon 2028, afin de gérer le dernier kilomètre de rabattement vers le réseau TER ou interurbain Fluo Grand Est et de développer le maillage des voies cyclables. Pour cela elle investira 125 millions d’euros !


Ces nouveaux leviers feront progresser le service aux usagers. Ils permettront de contenir la hausse des coûts. Ils doivent inciter l’opérateur historique à accélérer ses efforts en matière de qualité, d’efficacité et de productivité. C’est par exemple, le sens des appels d’offres transfrontaliers à venir qui créeront de nouvelles liaisons vers trois Länder allemands : tous les opérateurs du ferroviaire peuvent y prétendre !


Toutes ces avancées ne peuvent être envisagées qu’à condition de bénéficier d’infrastructures pérennes, dotées d’une signalisation moderne garantissant à la fois la sécurité et la capacité à écouler un trafic croissant avec régularité ; c’est une condition sine qua non pour garantir un développement territorial équilibré.


Je suis fier d’accompagner toutes les bonnes volontés du Grand Est et des territoires frontaliers pour dessiner les contours d’une mobilité rénovée et surtout les concrétiser !

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