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Jean-Sébastien Barrault

Jean-Sébastien Barrault

Président de la FNTV

Pour une transition écologique adaptée au transport routier de voyageurs par autocar

La profession s’engage fortement dans la transition énergétique et écologique afin de réduire son impact environnemental et ses consommations d’énergies. En intégrant volontairement le programme d’Engagements Volontaires pour l’Environnement (EVE), elle a par exemple réduit les émissions de gaz à effet de serre du transport routier de voyageurs de 248 000 tonnes équivalent CO2 et en renouvelant sa flotte d’autocars.  Au 1er janvier 2021, 68 % des autocars répondaient à la norme Euros V ou VI beaucoup moins émissive que les précédentes générations de véhicules.


L’autocar est aujourd’hui le moyen le plus souple et efficace pour réduire l’autosolisme. Après le train, c’est le mode le moins émissif en gramme de CO2 par passager. Un autocar, c’est 30 voitures en moins sur la route.


Aujourd’hui, les entreprises de transport routier de voyageurs sont volontaristes pour contribuer au respect de l’environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique. Elles souhaiteraient aller plus vite dans la décarbonation de leurs parcs de véhicules mais elles sont dépendantes de l’insuffisance d’offres alternatives au diesel. En effet, sur une flotte de 66 046 autocars en 2021, 99% fonctionnaient encore au gazole, 0,9 % au GNV (qui représente tout de même 13% des nouvelles immatriculations) et seulement 0,10 % utilisaient une propulsion électrique.


La FNTV, active dans la décarbonation des autocars


C’est dans ce contexte que la FNTV travaille sur la décarbonation des autocars, notamment au sein de la Task Force Transition énergétique qui a été mise en place fin 2020 par l’Etat avec l’ensemble des parties prenantes du transport : transporteurs, constructeurs, énergéticiens. Les premiers résultats des travaux de la task force montrent que la transition énergétique du transport routier ne pourra pas se faire sans une aide coordonnée pour le renouvellement des flottes des opérateurs, la production des énergies alternatives et la mise en place de réseaux d’avitaillement suffisants. Il en ressort également que les énergies alternatives comme le GNV et le BioGNV, ainsi que les biocarburants (HVO et B100), devront jouer un rôle important avant l’émergence d’une offre mature électrique ou hydrogène en 2040. Ces travaux sont clôturés et les résultats serviront de base à l’élaboration des feuilles de route sectorielles de décarbonation qui prendront le relais.


Ces feuilles de route sectorielles de décarbonation de la loi Climat et Résilience permettront de coordonner et de consolider les actions de réductions et de répondre aux engagements européens de la France. Elles reprendront la totalité des résultats de la Task Force. Cinq groupes de travail seront constitués dont un spécifique pour le transport routier de voyageurs présidé par la FNTV. Les feuilles de route devront être publiées le 1er janvier 2023.


Mais l’engagement des parties prenantes de la task-force et des feuilles de route est conditionné à la future politique énergétique de la France.C’est pourquoi des groupes de travail sectoriels ont aussi été constitués par l’Etat dans le cadre de la stratégie française sur l'énergie et le climat (SFEC) afin d’inscrire la stratégie énergétique nationale dans le cadre macro-économique et social français et dans le cadre politique et législatif européen. La FNTV y participe. Les premières projections reprises de la task force et des feuilles de route de décarbonation seront analysés et ajustées afin de coller aux ambitions climatiques françaises. Les premiers résultats de la task force réajustés en fonction des engagements de la France à 2050.



Il est intéressant de constater la présence de véhicules GNV dans le parc de 2050 (30%) et l’absence des biocarburants utilisés par un moteur thermique.


Au-delà de ces travaux, le transport routier de voyageurs est confronté à l’émergence de nouvelles contraintes réglementaires (zones à faibles émissions dans les grandes villes et vignettes Crit’Air), et au respect d’échéances imposées pour le verdissement des flottes, suspendu à l’émergence de solutions alternatives. Aujourd’hui, la motorisation diesel est encore la seule filière énergétique pour laquelle la gamme complète des véhicules est disponible (plus de 40 modèles actuellement). C’est, de loin, la plus performante en termes de coûts, elle est adaptée à toutes les activités du transport routier de voyageurs : transports scolaires, lignes régulières, activités touristiques, services librement organisés (« cars Macron »). Avec la norme Euro 6, les véhicules diesel ont fait d’importants progrès de réduction des émissions polluantes locales et globales.


Le gaz naturel véhicules (GNV) apparaît comme la seule alternative actuelle au diesel en attendant une offre hydrogène pour la filière autocars à des coûts non-prohibitifs. L’électrique peut être utilisé pour les activités de courtes distances.


Compte tenu de ces perspectives, les carburants renouvelables sont incontournables à court terme pour amorcer et accompagner la transition, en permettant d’augmenter la durée de vie des véhicules existants, en maitrisant notre empreinte à la consommation (au même titre que le rétrofit), en considérant le cycle de vie du véhicule et à plus long terme en abandonnant les carburants fossiles.

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