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Luc François

Luc François

Vice-président en charge des transports et des mobilités

Tramways plus tardifs, trolleybus, application en pointe sur les mobilités, la métropole de Saint-Etienne vient de renouveler sa délégation des services publics avec Transdev pour renforcer son offre de transports. Luc François, vice-président en charge des transports et des mobilités, esquisse les grandes lignes du réseau 2024.

Propos recueillis par Justin Boche


Mobily-Cités : Quelle est la situation du réseau de transport de l'agglomération de Saint-Etienne ?

Luc François : Nous venons de renouveler la délégation de service public des transports le 1er juillet avec Transdev, pour une durée de huit ans plus un an optionnel. Or les demandes de mobilité fluctuent et évoluent rapidement, aussi bien sur les mobilités du quotidien que sur les évènements exceptionnels. L'urbanisme conditionne aussi les besoins de mobilité. En 2019, personne n'aurait imaginé à quel point le vélo allait se développer. C’est pour ça que la nouvelle DSP est à la fois moderne et adaptée à nos demandes de mobilité. Nous n’avons pas voulu que celle-ci soit figée dans le temps. Elle est digitale et numérique, car la mobilité doit être multimodale. Dans ce contrat, on a également profilé ce que sera le nouveau réseau en 2024. Tout d’abord parce que la métropole va se lancer dans un nouveau plan de mobilités, en parallèle du PLUI en cours de construction. Il y a une certaine cohérence dans le fait de mener ces deux sujets de front. Nous attendons également en fin d’année les résultats de l'enquête mobilité et déplacement qui a été close au mois de janvier. Tous ces éléments vont nous aider à construire le réseau 2024. C'est un délai très court, mais notre réseau actuel date de 2017.


De nouvelles lignes lourdes de transport sont-elles prévues ?

S'il faut créer de nouvelles lignes dans la métropole, nous le ferons de la manière la plus objective possible. Tout le monde a des besoins de mobilité, mais faire rouler des bus vides c'est du gaspillage d'argent public et on ne peut pas accepter ça. Sur le tramway, c'est pareil. Cette nouvelle DSP transport inclut l'allongement en soirée des services de tram qui s'arrêtent actuellement à 22h ou 22h30. Désormais ce sera une heure du matin sur le T1 et T3. Et les jeudi, vendredi, samedi et dimanche, ce sera 1h30. On ne s'interdit pas non plus de revoir le plan de circulation des tramways, en fonction des comptages de l'enquête déplacement et des évolutions de l'urbanisme. La ligne T3, inaugurée juste avant le mouvement des Gilets jaunes, parcourt le quartier du Soleil, qui est en pleine mutation, avec l’ouverture d’une patinoire, mais aussi beaucoup de projets de logements et d'entreprises. Il va donc falloir adapter les cadencements selon la demande, et peut-être en créer de nouveaux arrêts.


De nouvelles lignes de bus structurantes sont-elles dans les tuyaux ?

Oui, il est prévu de construire une ligne Chronobus M6+ qui sera créée d'ici 2024-2025, la ligne intercampus. Cette ligne de trolleybus en site propre reliera l’EM Lyon, la cité du design, etc. Elle dessert tous les sites universitaires de la ville via la gare de Châteaucreux. Le trolleybus affiche de belles performances en matière de régularité. Et cette ligne va coûter trois fois moins cher qu’un tram.


Quelles sont vos orientations en matière de transition énergétique ?

C’est une technologie performante dont le coût d’exploitation est en dessous de ce que l'on pensait. On a donc lancé un plan de renouvellement avec en priorité des trolleybus. Deux lignes sont actuellement exploitées, et nous allons poursuivre nos investissements en achetant 23 nouveaux trolleybus pour exploiter M6+ et M4. On aura ainsi quatre lignes métropolitaines qui tourneront exclusivement trolley. Ensuite, 68 bus électriques et 37 bus GNV pour M2 et M5 et 12 bus électriques de petite et moyenne capacité vont être achetés. D'ici fin du mandat, on va renouveler 100 bus sur 326 que compte le parc, avec l'objectif que tous nos bus soient propres d’ici à 2032. Nous prévoyons aussi des expérimentations avec quatre bus à l’hydrogène. Ce test va nous permettre de mieux connaître cette technologie. Si les résultats sont positifs, nous pourrions envisager d’organiser une filière de production d’hydrogène vert.


Vous semblez également satisfait de votre offre numérique ?

Sur le numérique, on travaille sur deux aspects. D'abord la billettique, mais aussi l'application de multimodalité Moovizy, développée pour l'Euro 2016. Cet outil nous a permis de créer le premier MaaS de France. L'appli est d’ailleurs la mieux notée et la plus utilisée dans notre pays. C'est un vrai MaaS, c'est-à-dire que quand on prend le taxi avec, on reçoit la facture à la fin du mois. Idem pour l'autopartage ou les transports publics. Toute la billettique et la facturation sont intégrées. Sa seconde fonction, c’est le calcul d’itinéraire en temps réel. Ce n'est pas un algorithme qui évalue les positions des bus et taxi. Là, ce sont leurs véritables positions rafraîchies toutes les 30 secondes.

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