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Ludovic JOURDAIN

Ludovic JOURDAIN

Directeur Régional Transdev Auvergne-Rhône-Alpes

Prise de conscience du changement climatique, inflation pesant sur le budget des ménages, prix de l’énergie en hausse : l’actualité pousse de nombreux usagers à revoir les moyens de leur mobilité.
Par quelles voies Transdev peut-elle répondre à ces attentes diverses ?

Aujourd’hui, chacun d’entre nous revoit ses capacités de mobilité à l’aune de plusieurs nécessités : d’un côté nous savons qu’il faut réduire notre bilan carbone, au même moment le coût de notre mobilité quotidienne est largement impacté par les hausses des prix du carburant et par l’inflation. Se rendre au travail, emmener ses enfants à l’école, profiter de ses loisirs n’est généralement possible que si l’on possède les moyens personnels ou collectifs de se déplacer.


Dans les métropoles et les grandes agglomérations, il faut déconstruire l'idée ancrée selon laquelle rien ne peut se faire sans voiture personnelle. La hausse du prix des carburants nous ramène à la réalité d’un outil déjà trop coûteux pour nombre d’entre nous. Qui plus est, celle-ci est de plus en plus mal adaptée aux zones urbaines denses où la marche, les transports en commun et le vélo reprennent une part de l’espace qui lui était dévolue. C’est pourquoi Transdev Auvergne-Rhône-Alpes a encouragé l’essor des mobilités actives et collectives pour soutenir les réseaux de transport en commun déjà existant : vélos en libre-service ou en location, solutions de covoiturage et d’autopartage, véhicules autonomes…


À titre d’exemple, Transdev accompagne Valence-Romans Déplacements pour mettre en oeuvre des solutions vélos attractives et innovantes qui sont un des maillons de sa politique cyclable volontariste. En s’appuyant sur un réseau vélo continu et sécurisé et des actions de sensibilisation à sa pratique, la multimodalité est devenue concrète. 70% des utilisateurs de vélos en libre-service sont également passagers du réseau de bus et 1 client sur 2 déclare utiliser le vélo en complément des transports. Côté opérateur, les équipes mutualisées offrent un guichet unique aux clients concernant leurs demandes, qu’elles soient relatives au bus ou au vélo.


Sur les territoires périurbains et ruraux, c’est un mix de toutes ces solutions qui permettra de répondre à la problématique des premiers et derniers kilomètres, pour pouvoir terminer son trajet autour des gares ferroviaires et routières. À celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent plus assumer un véhicule personnel, nous devons fournir les moyens de se déplacer au meilleur prix, le plus aisément possible et en toute sécurité. Un réseau bien agencé encourage le report modal, rend du pouvoir d’achat aux foyers qui peuvent économiser sur leurs frais de déplacement, et réduit directement les rejets de gaz à effet de serre liés aux déplacements.


Mais pour fonctionner, ces solutions doivent désormais s’appuyer sur des sources d’énergie diverses.


La dépendance au pétrole nous a conduits collectivement dans une situation critique dont il nous faut tirer les leçons sur le plan énergétique. En plus de l’impact environnemental engendré par son usage, les solutions de transports ne peuvent plus dépendre d’une unique source d’énergie soumise aux aléas de la géopolitique et des marchés financiers. En Auvergne-Rhône-Alpes nous avons fait le choix depuis plus de 20 ans de diversifier les carburants et sources d’énergie de nos véhicules pour accompagner la transition écologique des territoires. Ce choix nous permet aujourd’hui de réduire les risques liés aux marchés de l’énergie. Nos solutions de mobilité collectives et individuelles intègrent déjà le biogaz, les biocarburants, l’électrique et l’hydrogène, en fonction des besoins et des réalités locales.


A Saint-Etienne, la moitié des bus et tramways du réseau STAS seront remplacés au cours des prochaines années. L'objectif ? Avoir dans 10 ans une flotte de véhicules 100 % propres et électriques, tout en diversifiant les sources d’électricité. C’est ainsi que 25% des kilomètres parcourus par les tramways le sont grâce à l’énergie solaire produite sur les toits des hangars de la STAS.


La mobilité interurbaine aussi subit sa mutation. En Haute Savoie, la ligne Annecy > Albertville roule désormais uniquement avec des véhicules au B100, un biocarburant produit à partir d’huiles végétales. Cela permet une réduction des gaz à effet de serre d’au moins 60% par rapport à un autocar dernière génération circulant au gazole et une diminution de 80% des particules, de plus il est 100% biodégradable.


Sur le réseau des Cars du Rhône opéré pour SYTRAL Mobilités nous avons été les premiers à exploiter des véhicules GNV et d’ici 2026, 60 % des kilomètres parcourus le seront grâce au bioGNV. Cela nous a permis de mettre en chantier plusieurs stations bioGNV privatives sur nos centres d’exploitation qui seront opérationnelles début 2023.


Transdev fait face cette année à des difficultés de recrutement inédites principalement de conducteurs de cars. Il s'agit d'une situation ponctuelle mais préoccupante qui touche l’ensemble des opérateurs de mobilité. Résoudre cette pénurie est un chantier de long terme : nous avons depuis longtemps eu l’ambition de former en interne une nouvelle génération de conducteurs et de conductrices. C’est ainsi qu’Auvergne-Rhône-Alpes a été le berceau de l’Académie by Transdev, premier de nos 5 centres de formation des apprentis (CFA) territoriaux. En France ce sont plus de 250 apprentis en 2022 que nous formons à nos métiers, ils seront plus de 500 par an à partir de 2023. Le CFA nous a par ailleurs permis de faire entrer une population jeune et féminine dans un métier - celui de conducteur - traditionnellement masculin, avec une première promotion intégralement paritaire.


Nous avons ainsi ouvert l’accès aux métiers de la mobilité par la voie de l’apprentissage. En proposant dès 2021 des formations intégrant des dispositifs de préqualification, l’Académie by Transdev s’engage sur chacun de ses territoires à inclure les publics les plus éloignés de l’emploi. Le métier de conducteur est passionnant, mais complexe et en pleine évolution (écoconduite, partage de l’espace public…). Cette formation tutorée d’un an permet une qualité de service

irréprochable, pour une meilleure expérience client dans les transports en commun, et garantit un emploi à celles et ceux qui l’empruntent.


Je reste convaincu que c’est notre capacité d’adaptation qui nous permettra de répondre aux multiples enjeux de la mobilité actuelle et à une part de l’incertitude ambiante. Le monde change, nos territoires évoluent, les besoins des usagers aussi. C’est notre mission de service public, d’accompagner les collectivités à trouver les solutions adaptées à leur territoire et aux besoins de mobilité de chacun. À travers celle-ci, nous avons les moyens de participer activement aux défis de l’inclusion sociale et de la lutte contre le dérèglement climatique, aux côtés des collectivités.

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