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Martine Vassal

Martine Vassal

Présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence

« Passer d'un mode de transports des années à 1950 à celui de 2030 »

Après des décennies de sous-investissement, le plan « Marseille en Grand » et son milliard d’euros de soutien financier de l’Etat va permettre à la métropole de moderniser l’offre de transports du quotidien. Développement du réseau de tramway, automatisation du métro, et conversion à l’électrique de la flotte de la RTM sont au programme.


Propos recueillis par Sandrine Garnier


Mobily-Cités : Après le vote de la loi de finances 2022 et celui de la loi 3DS, peut-on dire que tous les voyants sont au vert pour le lancement du projet « Marseille en grand » présenté en septembre par le président de la République ?


Martine Vassal : La loi 3DS a été adoptée, et son décret d’application a été publié au Journal officiel. L’article 181 acte l’évolution institutionnelle de la Métropole Aix-Marseille-Provence. C'est l’an 2 qui s'écrit pour une Métropole plus stratégique, de projets et de proximité avec les maires, centrée sur le développement de notre territoire, grâce à des compétences transversales qui bénéficieront à tous les Provençaux. Je suis heureuse que nos 92 maires disposent de nouveaux leviers d’action grâce aux compétences de proximité retrouvées. Nous avons désormais toutes les cartes en main pour travailler avec efficacité, pour avancer, pour engager l’avenir. La loi de finances 2022 nous offre de nouvelles perspectives financières et nous permet notamment d'accélérer les projets de mobilité sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cette avancée historique illustre le travail de qualité, mené depuis plusieurs mois, aux côtés du Gouvernement, dans le cadre des échanges réguliers que j’ai pu avoir avec le Premier ministre et le Président de la République. Le plan « Marseille en grand » nous permet, grâce à une aide inédite d’un milliard d’euros de l’État, de financer les projets inscrits dans notre feuille de route pour développer les transports du quotidien. Alors oui, je peux vous confirmer que tous les voyants sont au vert et, d’ailleurs, le chantier d’extension du tramway au nord et au sud de Marseille est déjà engagé, tout comme le projet de Val’Tram à Aubagne, ou la construction de nombreux parkings-relais sur l’ensemble de la métropole.


Le GIP (groupement d’intérêt public) qui vient d’être mis en place aura-t-il les moyens non seulement d’impulser mais également d’entretenir la dynamique ?

Le GIP est avant tout une structure présidée par la Métropole pour garantir l’efficacité opérationnelle des chantiers, mobiliser les ressources nécessaires à leur réalisation et s’assurer du respect des calendriers fixés. Sa constitution, que j'attendais avec impatience, nous permet de passer à la vitesse supérieure pour réaliser les 15 chantiers prioritaires que nous avons identifiés afin de bénéficier de l'aide de l'État. La dynamique, je l’avais engagée fortement dès 2016 avec le plan transport départemental doté de 570 millions d’euros. Ce qu’il manquait, c’étaient les financements de l’État. Désormais, nous pouvons accélérer pour passer directement d'un mode de transports des années à 1950 à celui de 2030. Nous saurons nous donner les moyens d’agir dans un cadre partenarial efficient avec l’État, la Région, le Département et l’ensemble des communes concernées par ces futurs projets. Nous saurons encore montrer notre volonté d’associer à notre action les représentants du monde économique, la Chambre de Commerce et d’Industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence, l’UPE 13, les usagers des transports... Nous saurons, enfin, faire plus largement de cette instance, un lieu d’échanges et de concertations avec l’ensemble des acteurs de la mobilité métropolitaine.


Pour répondre aux objectifs de neutralité carbone, le développement des transports publics doit proposer une alternative à la voiture individuelle. La ZFE-m ne vient-elle pas ajouter de la pression sur le sujet alors que Marseille a besoin avant tout de rattraper son retard ?

La mise en place de cette ZFE-m permettra d’améliorer la qualité de l’air. C’est un enjeu environnemental majeur et de santé publique. Quand la rocade L2 a été finalisée pour permettre le contournement de Marseille, nous avons requalifié le centre-ville grâce à une diminution de plus de 20 % de la circulation automobile pour laisser plus de place aux piétons, aux cyclistes et plus généralement aux modes actifs de déplacement. La piétonisation d’une partie de La Canebière et d’une grande part de l’hyper-centre donne un visage plus apaisé au cœur de la ville centre de la métropole, préfigurant en quelque sorte la future ZFE-m.

Oui, Marseille a du retard, c’est la raison pour laquelle il faut aller vite ! D’ailleurs, nous n'avons pas attendu pour mettre les bouchées doubles et développer les transports en commun et anticiper la transition énergétique. Plusieurs modèles de bus électriques (Mercedes, Irizar, Volvo et Heuliez) sont actuellement testés afin de sélectionner les technologies et modes de recharge les plus adaptés dans le cadre de la conversion de l’ensemble des bus de la régie métropolitaine à horizon 2035. Aujourd’hui, sur le réseau RTM, 52 % des déplacements sont effectués grâce à l’électrique. Les nouvelles rames du métro automatisé conçues par Alstom permettront, par ailleurs, de réduire la consommation électrique de 17 %.


Comment la ligne nouvelle Provence Côte d'Azur (LNPCA) va-t-elle s’intégrer aux projets de développement des transports locaux ?

La Métropole soutient activement le développement du réseau ferroviaire sur l’ensemble de son territoire. Après avoir investi des millions d’euros ces dernières années dans plusieurs lignes, nous nous apprêtons à financer la LNCPA pour un montant global de 470 millions d’euros, Métropole Aix-Marseille-Provence et Conseil départemental confondus. Je veux faire du projet de la LNPCA un véritable levier de développement de notre territoire. Ce projet constitue, en effet, un maillon du déploiement de notre réseau express métropolitain, et participe à la requalification du centre-ville de Marseille. Concrètement, le projet LNPCA, dont l’enquête publique vient de s’achever le 28 février, doit permettre la mise en œuvre d’un réseau de transports en commun fiable, rapide et bien cadencé, sur lequel s’appuie le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) de la Métropole, avec notamment la construction de la nouvelle gare souterraine de Saint-Charles et le développement des trains du quotidien.


À l’autre bout de la chaine de déplacements, quels sont vos projets en matière de modes doux et actifs ?

Nous avons voté, en 2019, un plan commun avec le Département des Bouches-du-Rhône dont l'objectif ambitieux est de doubler la part du vélo dans les déplacements du quotidien à horizon 2024. Aussi, pas moins de 100 millions d’euros seront engagés sur cinq ans par la Métropole et le Conseil départemental. Ce plan prévoit, entre autres, la réalisation de 250 kilomètres de pistes cyclables. En lien avec ce plan vélo, de nouveaux services ont fait leur apparition comme levélo+, le service de location longue durée de vélos électriques de la Métropole. Économique et écologique, il permet aux habitants du territoire de louer un vélo à assistance électrique pendant un an, à un tarif avantageux. La Métropole a également lancé récemment un appel d’offres pour l’amélioration de son système de location de vélos en libre-service sur Marseille. Le nouveau service proposera une flotte d’environ 2 000 vélos à assistance électrique répartis sur 200 stations, permettant ainsi d’augmenter considérablement la présence des vélos dans les différents quartiers de la ville.

Dans la continuité des travaux que nous avons engagés ces dernières années dans de nombreux cœurs de ville de la métropole, nous venons d'achever un travail considérable de requalification des espaces publics du centre-ville de Marseille pour permettre un meilleur partage de l'espace public en faveur des piétons et des mobilités douces. Je vous invite notamment à découvrir la piste cyclable sécurisée que nous avons réalisée le long de la corniche Kennedy. Pour moi, c’est la plus belle piste cyclable du monde !


Serez-vous également en mesure de proposer une tarification simple et lisible à l’échelle du territoire métropolitain ? Même question pour les outils d’information voyageur ?

Depuis 2018, nous avons simplifié et harmonisé la tarification des transports à l'échelle du territoire. Mais c’est un chantier sur plusieurs années. Nous avons déjà mis en place le passe des réseaux urbains de transports en commun, les lignes TER dans le périmètre de la métropole grâce à la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, les autocars interurbains métropolitains, les navettes aéroport, les parkings-relais, les vélos en libre-service, les parcs à vélos... Aujourd'hui, plus de 200 000 habitants du territoire sont abonnés au réseau de La Métropole Mobilité. Nous avons harmonisé la tarification des transports scolaires, avec une prise en charge de 90 % du coût de ces déplacements essentiels pour accéder aux lieux d’enseignement.

Nous avons également engagé une nouvelle politique tarifaire concernant l'exploitation des parkings métropolitains, avec la mise en place de tarifs préférentiels en fonction de certaines périodes de l'année, pendant les fêtes de fin d’année par exemple, ou la mise en place d'un abonnement résident, à Marseille notamment, qui permet de réserver des places de parkings à 1 euro par jour pour des habitants d'un quartier. Par ailleurs, nous avons largement développé l’information en temps réel et les services à destination des voyageurs, notamment grâce aux nouvelles technologies, à travers le site Le Pilote et l’application La Métropole Mobilité.

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