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Thierry DEVILLE

Thierry DEVILLE

Président du grand Montauban

Le Grand Montauban se prépare à absorber l'effet LGV

Mobily-Cités : Quels sont les défis majeurs du Grand Montauban ?

Thierry Deville : Nous  avons huit départementales qui débouchent en centre-ville. Notre  défi est de finaliser le contournement de Montauban par le Nord. Nous  avons à ce jour dépensé 33,7 millions d’euros pour réaliser une  dizaine de kilomètres et il nous manque encore 75 mil- lions pour  boucler ce chantier. Nous ne sommes pas parvenus à faire inscrire ces  travaux dans le plan Etat-Région. Le Grand Montauban ré- fléchit  aujourd’hui à un co-financement sur soixante ans avec la région  Occitanie, le département du Tarn-et-Garonne et la Banque des terri-  toires. En outre, nous travaillons sur la création d’une sortie  d’autoroute sur la partie Est de l’agglomération afin de désencombrer  l’échan- geur autoroutier situé sur la commune de Bressols. Le coût  s’élève à 21 millions d’euros et n’est pour l’instant pas financé.  Nous sommes en concurrence avec d’autres collectivités sur le choix de  l’emplacement de cette sortie... Nous espérons que l’Etat et ASF  [Autoroutes du sud de la France] prendront leur décision dans les deux  ans qui viennent.

Ces  chantiers sont notamment destinés à préparer l’arrivée de la LGV  Bordeaux-Toulouse qui devrait être mise en service vers 2028-2030...

Oui, sans leur achèvement,  Montauban se trouvera bloquée à cause des bouchons car nous sommes  actuellement dans l’incapacité d’absorber le flux de voyageurs annoncé  : la SNCF prévoit 1,2 million de passagers par an à la nouvelle gare  TGV qui doit être implantée au Sud de Montauban sur la commune de  Bressols. Ce sera en réalité la gare Nord de Toulouse qui ne sera plus  qu’à 10 minutes de Montauban contre 25 actuellement. Cela ne prendra  plus que 1 heure pour rejoindre Bordeaux au lieu de quasiment 2 et 15-20  minutes pour Agen contre quasiment 45 minutes. En outre, Bressols  compte aujourd’hui 5 000 habitants environ et devrait rapidement  atteindre 20 à 25 000 avec l’arrivée de la LGV. Pour éviter la  spéculation foncière, nous avons créé une ZAD de 600 hectares. Nous  travaillons sur un cahier des charges et lançons un concours  d’aménagement de cette zone.

La situation géographique de Montauban favorise-t-elle cette expansion ?
Nous sommes en plein milieu des axes de Paris, Bordeaux et Montpellier.  Par ailleurs, les problèmes de mobilité sur Toulouse sont si  importants que la Métropole est en train de déborder au-delà de ses  limites géographiques. Toulouse a d’ailleurs mis en place un dialogue  métropolitain qui rassemble les villes alentours comme Montech et  Montauban. Nous travaillons pour que la ville soit l’Aix-en-Provence de  Marseille. De plus, c’est une ville de culture avec notamment la ré-  novation récente du musée Ingres-Bourdelle. Cela participe à  l’attrait du territoire. Montauban enregistre d’ores et déjà une  croissance de 1 500 habitants par an et devrait connaître un  phénomène similaire à celui qu’a connu Avignon. Avec déjà 28% des  habitants du département et plus de 50% de la richesse produite, c’est  un territoire qui se "métropolise". L’agglomération comprend  aujourd’hui 80 000 habitants et devrait monter à 120 000 vers 2040 car  la LGV va catalyser des installations. L’Insee prévoit qu’à l’horizon  2030-2035, le Grand Montauban affichera la première densité de France.

L’agglomération a misé très tôt sur le covoiturage....

Oui, nous travaillons sur la  fluidité de parcours quels qu’ils soient. Ainsi, nous avons mis en  place notre propre plateforme de covoiturage en 2016 gérée par le  service développement durable de l’agglo et qui a bénéficié à  l’époque de subventions de l’Ademe. Nous nous sommes notamment aperçus  que les flux d’automobiles entre Toulouse et Mon- tauban - 5 à 6 000  véhicules par jour - étaient équivalents dans les deux sens. En 2015,  nous nous sommes associés à Rezo Pouce pour les trajets courte  distance. Rezo Pouce, qui a fusionné depuis avec MobiCoop, propose des  solutions de covoiturage, d’autostop et de mobilité solidaire adaptées  à tous les milieux, urbains, périurbains, ou ruraux. Ce qui est  compliqué dans nos petites agglomérations, c’est de faire changer les  d’habitudes... Nous faisons donc beaucoup de com- munication, mais nous  pouvons certainement faire beaucoup mieux.

Vous travaillez sur la sortie de la voiture de la ville.
Comment comptez-vous améliorer l’attractivité des transports en commun ?

L’idée est de faire du bus une alternative à la voiture. Pour cela,  nous lançons au mois de septembre une nouvelle appli mobile MyMobi qui  va permettre aux usagers de réserver à partir de leur smartphone un  petit bus sur rendez-vous. Cette offre correspond au concept du TAD. En  septembre 2020, nous avions déjà lancé une application Mybus pour  connaître précisément le temps d’attente du bus à chaque arrêt et  acheter ses billets. Nous allons également petit à petit remplacer  notre flotte de véhicules par des bus propres qui auront comme  carburant le GNV. Nous sommes en train d’étudier les différentes  solutions de motorisation et le coût. Nous prendrons une décision dans  le dernier quadrimestre de cette année.

Parallèlement, vous avez déployé plusieurs offres pour favoriser l’usage du vélo...
Nous faisons plusieurs propositions à l’utilisateur : tout d’abord, une  offre de VLS depuis septembre 2019. La location se fait via une appli  mobile. Nous avons ajouté des VAE dans la flotte qui connaissent un  franc succès en raison du prix très modique du coût de location. Nous  venons de faire passer la gratuité à 30 minutes au lieu des 15  premières minutes afin de créer un réflexe vélo. En complément,  nous avons mis en place une offre de location courte et longue durée.  L’idée est de donner envie aux habitants de tester l’utilité de cette  offre. Depuis quatre ans, nous aidons également les familles à  acquérir un vélo cargo. Le Grand Montauban subventionne en effet à  hauteur de 250 euros par foyer rési- dant l’achat d’un vélo cargo  électrique. Dans le même temps, nous avons créé des places de vélos  et multiplié les pistes cyclables. Dernièrement, nous avons décidé  de relier au centre-ville le nouveau quartier Bas Pays qui connaît un  fort développement démographique. Enfin, nous avons créé une maison  du vélo pour articuler cette politique globale et accélé- rer l’usage  des mobilités douces.

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