Xavier Lemarié

Xavier Lemarié

Directeur général de Keolis Grand Nancy

« L’arrivée du trolley induit une transformation de l'entreprise »

Mobily-Cités : Comment avez-vous remodelé le réseau depuis 2019 ?


Xavier Lemarié : Nous avons installé un nouveau réseau structuré autour de lignes de type BHNS avec des fréquences minimum de 10, voire 5 minutes. Autour de cette armature, des lignes régulières viennent alimenter des points de correspondance et une ligne circulaire appelée Corol permet de relier des communes entre elles sans passage par le cœur d’agglomération. Il s’agissait de redynamiser le réseau autour d’un TVR vieillissant dont nous avons réussi à améliorer la fiabilité, même si le matériel connaît toujours des pannes.


Quels sont les enjeux de l’installation d’un trolley à la place du TVR ?


A la fin du TVR, programmée au premier trimestre 2023, nous mettrons en place un réseau de remplacement durant 14 mois environ, avant de lancer le trolleybus à la rentrée scolaire 2024. Ce sera un trolleybus Hess de 24 m qui peut en partie rouler sur batterie, ce qui est assez nouveau en France, même si la technologie est éprouvée, ce matériel étant déjà en circulation en Suisse, à Zurich, Bern, etc. On le trouve également à Nantes en 24 m à la place du Busway mais sans caténaire, avec une recharge à certaines stations. A Nancy, l'intérêt est de pouvoir l'insérer sur des voies existantes.


Qu’implique en interne le passage du TVR au trolley ?


Nous commençons à réfléchir à l’avenir des personnels qui effectuent par exemple la maintenance du TVR, sachant que le trolley nécessitera beaucoup moins d’interventions, et notamment comment continuer à utiliser ces compétences au sein de l’entreprise. Certains auront peut-être envie d'aller vers la conduite.


Quid de la fréquentation depuis la fin du Covid ?


Début 2021, nous étions revenus comme les autres réseaux, à 85% de la fréquentation par rapport à 2019. Mais nous avons été contraints de faire une offre réduite l'an dernier, avec 14 véhicules TVR au lieu de 21. Des voyageurs qui étaient revenus à la rentrée de septembre 2021 sont repartis vers d’autres solutions, si bien que la fréquentation oscille aujourd’hui entre 75 et 80%, à cause du TVR.


Face aux recettes de billettique en baisse, la tentation de réduire l’offre existe-elle ?


Réduire l’offre n’est pas dans nos intentions. Nous déployons plusieurs actions pour reconquérir notre clientèle. D’abord, la dynamique commerciale pour aller rechercher les « abandonnistes ». Certains ont déménagé, d'autres se sont réorganisés et utilisent moins le transport. Depuis le 1er juillet, nous avons intégré dans notre offre les vélos en libre-service à l'échelle de la Métropole. Nous affinons également nos tarifs selon les publics. Nous avons réduit de 21,50 à 20€ l’abonnement pour les étudiants de moins de 26 ans en 2021. Pour les plus de 65 ans, on a créé un système de post-paiement qui permet d’être facturé au voyage à la fin du mois.


Quels sont les autres leviers ?


Les 20 km de sites propres supplémentaires du plan métropolitain des mobilités (P2M) vont permettre d’améliorer la qualité de service, la fiabilité, la régularité étant des facteurs d’attractivité. Nous avons une réflexion à plus long terme pour voir comment redimensionner les moyens en fonction de la fréquentation. Par ailleurs, nous avons développé une ligne permettant de relier la métropole avec le reste du bassin de vie.